Ce que ces mois ont fait de moi

Ces derniers mois m’ont changée parce que j’ai été trop longtemps en mode survie.
Pas par faiblesse.
Par habitude.

J’ai appris à minimiser ce que je ressentais.
À faire semblant que ça allait.
À continuer même quand mon corps disait clairement non.

J’ai toléré des comportements qui me faisaient douter de moi.
Des silences lourds.
Des paroles qui minimisaient ma fatigue, ma douleur, mes limites.
Des attentes placées sur moi comme si j’étais inépuisable.

J’ai porté des responsabilités qui n’étaient pas les miennes.
J’ai soutenu des gens qui ne savaient pas me soutenir en retour.
J’ai donné sans compter, jusqu’à ne plus me reconnaître.

Il y a eu des situations où j’ai dû me taire pour garder la paix.
Où j’ai encaissé pour ne pas déranger.
Où je me suis adaptée encore et encore, pendant que je me perdais tranquillement.

Mon corps a fini par encaisser à ma place.
Fatigue constante.
Tensions.
Épuisement mental.

Ce n’était pas un hasard.
C’était un signal.

Ces mois-là m’ont forcée à regarder la vérité en face :
continuer comme avant me détruisait.

J’ai dû faire des choix difficiles.
Mettre fin à certaines dynamiques.
Prendre mes distances.
Décevoir.
Dire non.

Pas parce que je ne les aimais pas.
Mais parce que je m’étais trop longtemps abandonnée.

Et mes filles…
Tout ce que j’ai traversé, je l’ai traversé aussi pour elles.
Pour leur montrer que même quand la vie nous malmène, on peut se relever.
Que se respecter, poser des limites, dire non, ce n’est pas égoïste — c’est nécessaire.
Que la force n’est pas seulement dans ce qu’on endure, mais dans ce qu’on choisit de protéger.

Je veux qu’elles voient une mère entière, consciente, capable de se défendre et de s’aimer.
Qu’elles sachent qu’on peut traverser la tempête, tomber, se relever, et continuer avec la tête haute.

Et si jamais elles se sentent perdues, qu’elles sachent que leur maman a appris la route pour elles.
Pour qu’elles n’aient pas à tout porter seules.

Aujourd’hui, je suis différente parce que je ne tolère plus ce qui m’éteint.
Je ne me suradapte plus.
Je n’explique plus mes limites pour qu’elles soient valides.

Ces épreuves m’ont appris que me choisir n’était pas un luxe,
mais une nécessité.

Et si je suis devenue cette femme plus ferme, plus consciente,
c’est parce que survivre ne suffisait plus.

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